L’Allocation aux adultes handicapés (AAH) ne dépend plus uniquement des revenus du conjoint depuis octobre 2023. Les plafonds de ressources et les modalités de calcul évoluent chaque année, modifiant sensiblement le montant versé.
Le projet de loi de finances pour 2025 prévoit une revalorisation automatique, indexée sur l’inflation, mais le montant final n’est jamais connu avant publication officielle. Les bénéficiaires doivent donc anticiper d’éventuelles variations, en tenant compte des critères stricts d’attribution et des ajustements réglementaires.
L’AAH en 2026 : à quoi s’attendre pour les personnes en situation de handicap ?
La AAH, allocation aux adultes handicapés, joue un rôle central pour des milliers de personnes en France, en leur assurant un minimum de ressources quand le handicap bloque ou freine l’accès à l’emploi. Depuis 1975, ce dispositif continue d’évoluer. Le circuit est connu : la CAF ou la MSA verse l’allocation, après passage du dossier entre les mains de la MDPH puis validation de la CDAPH.
Un changement majeur est survenu le 1er octobre 2023 avec la déconjugalisation : maintenant, seuls les revenus personnels du bénéficiaire entrent dans l’équation. Pour de nombreux couples, cette réforme a simplifié la situation, rendant le calcul plus lisible et plus juste. La loi de finances 2024 va plus loin en permettant de cumuler AAH et retraite, à condition d’afficher un taux d’incapacité d’au moins 80 %. C’est une avancée pour celles et ceux qui approchent de l’âge de la retraite sans craindre une chute brutale de leurs revenus.
Le parcours pour obtenir l’AAH reste balisé : la MDPH instruit le dossier, la CDAPH tranche, sur la base de critères précis (taux d’incapacité reconnu, difficulté d’accès à l’emploi, résidence, ressources…). Pour le suivi des droits, la CAF ou la MSA restent les interlocuteurs privilégiés. Les pouvoirs publics, via le comité interministériel du handicap, affichent leur volonté de simplifier les démarches et de rendre l’accès aux droits plus direct, plus transparent.
En parallèle de l’AAH, d’autres aides peuvent venir compléter ce soutien. Voici les principales possibilités :
- MVA (majoration pour la vie autonome)
- complément de ressources
- PCH (prestation de compensation du handicap)
- RSA, prime d’activité, APL
La réforme et la déconjugalisation dessinent de nouveaux repères pour les adultes en situation de handicap, avec un effet direct sur leur autonomie financière au quotidien.
Qui peut bénéficier de l’allocation aux adultes handicapés ?
L’AAH ne s’adresse pas à tout le monde : il faut répondre à des critères précis. L’âge d’abord, avoir au moins 20 ans, ou 16 ans si l’on n’est plus à la charge de ses parents. Il faut aussi résider en France de façon permanente, et pour les personnes étrangères, disposer de papiers en règle.
Le taux d’incapacité joue un rôle clé. Deux cas de figure ouvrent droit à l’allocation :
- un taux d’incapacité reconnu au moins égal à 80 % selon les critères de la MDPH ;
- un taux compris entre 50 % et 79 %, à condition de présenter une restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi, validée par la CDAPH.
Il faut aussi que les ressources annuelles ne dépassent pas un plafond, ajusté chaque année. Depuis la réforme, ce sont uniquement les revenus personnels qui sont pris en compte. Le point de départ reste la constitution d’un dossier MDPH, avec le formulaire Cerfa n°15692*01, le certificat médical Cerfa n°15695*01, et les justificatifs nécessaires. La MDPH instruit, la CDAPH statue sous quatre mois. Selon la situation, le droit à l’AAH peut être ouvert pour une durée de un à dix ans, voire à vie en cas de handicap permanent.
Montant de l’AAH en 2026 : évolutions prévues et exemples concrets
En 2026, le montant maximal de l’AAH passera à 1 033,32 € par mois. Ce plafond concerne une personne sans autre ressource, avec un versement assuré par la CAF ou la MSA. Comme chaque année, la réévaluation se fait au 1er avril, en fonction de l’inflation. Depuis la déconjugalisation, les revenus du conjoint ne sont plus pris en compte, ce qui modifie profondément la situation des couples concernés.
La dernière réforme permet aussi de cumuler AAH et retraite dès lors que le taux d’incapacité atteint 80 % ou plus. Ce cumul devient un filet de sécurité supplémentaire au moment de franchir le cap de la retraite. Si une hospitalisation ou une incarcération dure plus de 60 jours, l’AAH est réduite à 30 % de son montant, soit 309,99 € par mois pour une personne sans autres ressources.
Il est possible d’additionner l’AAH à d’autres aides comme la MVA, la PCH, le RSA, la prime d’activité ou l’APL. Par ailleurs, l’AAH garde un statut particulier : elle ne peut être ni saisie ni transférée, et elle reste exonérée d’impôt sur le revenu. Pour ajuster le montant, la déclaration trimestrielle de ressources reste la règle, c’est elle qui garantit l’adéquation entre la situation réelle et l’allocation versée.
Estimer votre allocation : outils pratiques pour simuler vos droits
Pour calculer votre AAH, plusieurs critères sont pris en compte : vos revenus personnels, votre situation familiale, mais aussi le cumul éventuel avec d’autres aides. Avant de vous lancer dans les démarches auprès de la MDPH, il est judicieux de passer par un simulateur en ligne. Cet outil vous donne une estimation fidèle à votre profil et intègre les règles actualisées, notamment celles liées à la déconjugalisation.
Les sites de la CAF et de la MSA proposent chacun leur simulateur. En quelques minutes, il suffit de renseigner les données principales : salaires, pensions, aides déjà perçues. Le simulateur applique automatiquement les plafonds et le barème en vigueur. À la clé : une estimation du montant, ajustée à votre situation. Cette étape vous aide aussi à anticiper les évolutions si vos ressources ou votre situation familiale changent.
À retenir pour une simulation fiable
Pour que votre simulation soit pertinente, gardez en tête ces points :
- Indiquez l’ensemble des revenus touchés sur les 12 derniers mois, en précisant leur nature (salaires, allocations, pensions…)
- Pensez à mentionner si vous percevez la PCH, la MVA ou l’APL : ces aides peuvent impacter le calcul
- En cas d’hésitation sur la catégorie d’un revenu, consultez votre espace personnel sur le site de la CAF ou de la MSA
Pour un premier dossier MDPH, ou si votre situation évolue, il est possible de solliciter l’accompagnement d’un conseiller : il vous aidera à simuler vos droits et à comprendre le parcours administratif. Parce qu’au fond, derrière chaque dossier, il y a une personne qui cherche sécurité et visibilité pour avancer.


