Comprendre le niveau du deaes et son équivalence réelle

Trois lettres, un impact considérable : le DEAES, bien plus qu’un simple diplôme, trace un chemin pour tous ceux qui veulent agir là où l’autonomie vacille. Derrière cet intitulé technique se cachent des professionnels qui, chaque jour, rendent possible ce qui semblait hors de portée pour tant de personnes fragilisées. Mais à quoi prépare-t-il vraiment, et que réserve cette formation sur le terrain ?

Qu’est-ce que le DEAES ?

Le Diplôme d’État d’Accompagnant Éducatif et Social (DEAES) ouvre la porte à un métier ancré dans la réalité, où la moindre intervention transforme le quotidien. Ses titulaires épaulent des personnes vulnérabilisées, aussi bien à domicile que dans des établissements collectifs : EHPAD, foyers de vie, structures médicalisées. Leur mission, c’est rendre possible l’autonomie, malgré la maladie, l’âge, le handicap ou des difficultés sociales. Certains sont présents en milieu scolaire, soutenant l’inclusion d’élèves qui auraient sinon été écartés du système ordinaire.

Lancé en 2016, le DEAES fusionne deux anciennes filières reconnues, DEAVS et DEAMP, pour créer une seule formation de niveau 3, à la fois accessible et ancrée dans la pratique. Ce diplôme équivaut à un CAP ou un BEP : nul besoin d’un grand cursus avant de se lancer dans la formation, qui a été pensée pour coller au plus près des besoins du terrain.

L’accompagnant éducatif et social ne se limite pas au soutien technique : il s’agit d’un engagement profond auprès de chaque personne, pour maintenir sa dignité, encourager les choix de vie et accompagner l’autonomie, que ce soit à la maison, en établissement ou à l’école.

DEAES : formation, accès et organisation

Pas de prérequis complexe : le DEAES est ouvert à tous, même sans diplôme initial. L’admission se fait généralement par des tests écrits et un entretien oral, organisés par les centres de formation spécialisés ou certains lycées professionnels.

Certains profils peuvent bénéficier d’un accès facilité. Les détenteurs du DEAVS se voient reconnaître automatiquement la spécialité « accompagnement à domicile », ceux du DEAMP obtiennent la spécialité « structure collective ». Par ailleurs, un BEP ASSP ou le CAP accompagnant petite enfance permettent d’entrer en formation sans passer par l’écrit.

Le cursus s’étend de 9 à 24 mois, alternant théorie et pratique. Sur un socle de 378 heures de cours, la formation s’articule autour de ces quatre axes fondamentaux :

  • développer une posture professionnelle adaptée au secteur social ;
  • accompagner la personne au plus près de ses besoins quotidiens ;
  • collaborer et travailler en réseau avec d’autres professionnels ;
  • participer activement à la vie sociale et citoyenne de ceux qu’on accompagne.

Le parcours propose trois grandes spécialités : vie en structure collective, accompagnement à domicile, ou appui à l’éducation inclusive et à la vie quotidienne. L’expérience de terrain n’est pas laissée au hasard : chaque futur AES réalise trois stages auprès de publics variés, totalisant 840 heures. Ceux qui sont déjà en poste doivent effectuer un minimum de 140 heures de stage hors de leur entreprise habituelle.

L’apprentissage peut s’effectuer en alternance pour allier cours théoriques et pratique, ou bien en formation continue, initiale ou via la validation des acquis de l’expérience. Les évaluations mêlent suivi régulier, écrits professionnels et passages oraux.

Les histoires individuelles sont nombreuses. Certains, comme Barbara, ont entamé leur parcours loin du secteur social. Après avoir croisé la route de patients vulnérables au cours de ses trajets en taxi, elle a choisi de prendre un virage professionnel radical. Aujourd’hui, diplômée du DEAES, elle accompagne au quotidien celles et ceux qu’elle avait l’habitude de transporter, mais avec un engagement neuf et la sensation d’être utile là où les besoins sont les plus criants.

Évolution de carrière après le DEAES : quelles perspectives ?

Le DEAES n’est pas un aboutissement figé. Après quelques années, les accompagnants éducatifs et sociaux peuvent se diriger vers d’autres métiers du secteur : assistant de vie aux familles, auxiliaire de puériculture, moniteur-éducateur, technicien de l’intervention sociale et familiale… Rien n’interdit de poursuivre des études, de se spécialiser grâce à la formation continue ou de viser d’autres diplômes, avec parfois la possibilité d’obtenir des dispenses pour certaines parties du parcours.

Le champ d’action est vaste. À domicile, ils participent au maintien à la maison, à l’aide quotidienne, voire aux soins infirmiers ou à l’accompagnement des adultes en situation de handicap. Les établissements collectifs, EHPAD, foyers, unités spécialisées, instituts médico-éducatifs, maisons d’enfants, centres d’hébergement, recrutent également en nombre. Sur le versant de l’éducation inclusive, leur présence se multiplie dans les écoles, crèches, centres de loisirs, structures de petite enfance ou établissements médico-sociaux.

La palette des employeurs s’étend : associations d’aide à domicile, CCAS, collectivités, Éducation nationale, sociétés privées. Autant de structures où chaque journée est différente et où le sentiment d’utilité sociale reste constant.

Derrière le DEAES se trouve bien plus qu’un diplôme : une rampe d’accès directe vers des métiers d’engagement, où la routine n’a pas sa place et où la moindre initiative compte. Pour beaucoup, cette voie professionnelle marque le début d’un quotidien où concrètement, tout peut changer pour l’autre.

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