Un chiffre brut, 19 sur 28, suffit à changer la trajectoire d’un patient de 80 ans. Ce score au test de Tinetti ne relève pas d’un simple exercice de calcul : il redéfinit, pour le clinicien, le degré d’alerte face au risque de chute. On parle ici d’un risque multiplié par quatre, sans pour autant garantir une sécurité totale lorsqu’on franchit la barre symbolique des 24 points. Pourtant, la réalité clinique déborde largement des cases à cocher et des seuils figés.
Le test de Tinetti : un repère incontournable pour jauger le risque de chute chez les seniors
Dans le suivi des personnes âgées, le test de Tinetti a su s’imposer comme une balise précieuse. Imaginé par Mary Tinetti dans les années 1980, il se distingue par sa simplicité et sa rapidité d’exécution. Quelques minutes, pas besoin d’équipement sophistiqué, et l’on obtient un score global qui éclaire la suite du bilan. Deux dimensions sont passées au crible : l’équilibre et la marche.
Pour mieux comprendre sa logique, voici comment le test se structure :
- La première section, notée sur 16, s’attache à l’équilibre du patient. Elle consiste à le voir s’asseoir, se relever d’une chaise avec accoudoirs, tenir la position debout, rester stable pieds joints et effectuer une rotation.
- La seconde, cotée sur 12, explore la marche sous toutes ses coutures : régularité du pas, largeur de l’appui, trajectoire, stabilité lors des déplacements sur quelques mètres.
Le test vise prioritairement les personnes âgées, mais il sert aussi pour ceux souffrant de maladies neurologiques (comme la maladie de Parkinson ou l’AVC) et pour les troubles de l’équilibre liés à l’arthrose ou à des atteintes vestibulaires. On le retrouve aussi bien en cabinet qu’en établissement spécialisé. Sa valeur tient autant dans le dépistage que dans le suivi des progrès en rééducation.
Un aspect mérite l’attention : la subjectivité de l’évaluateur. Cotation parfois influencée par l’expérience du soignant, difficulté accrue en présence de troubles cognitifs sévères ou lorsque la station debout devient impossible. Malgré ces limites, le test de Tinetti reste la référence, souvent comparée à d’autres outils comme le Timed Up & Go (TUG) ou la Berg Balance Scale. Il aide à cibler les efforts de prévention des chutes et à agir avant le premier accident.
Score sur 28 au test de Tinetti : lecture fine pour une prévention sur-mesure
Le score final du test de Tinetti va de 0 à 28. Ce chiffre n’est pas qu’un repère statistique : il pèse sur la prise en charge, influençant la suite du parcours du patient. Un score haut traduit stabilité et autonomie. Une note basse, à l’inverse, signale une fragilité à prendre très au sérieux.
Pour plus de clarté, voici comment interpréter les valeurs du test :
| Score Tinetti | Interprétation |
|---|---|
| 24–28 | Faible risque de chute |
| 19–23 | Risque modéré |
| ≤19 | Risque élevé |
Passer sous la barre des 19 révèle plusieurs signaux d’alerte. Le patient manque de stabilité lors des transferts, peine à se lever ou à tourner, sa marche se fait hésitante. Ce constat oriente vers des solutions concrètes : rééducation individualisée, exercices dédiés à l’équilibre, adaptation de l’espace de vie. Pour ceux qui vivent seuls ou présentent plusieurs pathologies, la téléassistance, proposée par des acteurs comme Europ Assistance ou Dona Care, vient renforcer la sécurité au quotidien.
Chaque point perdu interroge sur une possible perte de capacité : faiblesse musculaire, atteinte neurologique, environnement peu adapté. Même si le test de Tinetti ne résume pas toute la complexité de la vie réelle, il trace la voie d’une prévention proactive, ciblée et adaptée à chaque situation.
En gériatrie, une simple note ne devrait jamais devenir un verdict. Derrière chaque score, il y a un parcours, des fragilités, et, surtout, des marges de progression à explorer sans relâche.


