En 2023, le nombre d’objets connectés a dépassé celui des êtres humains sur la planète. Cette progression ne suit aucune courbe linéaire : l’accélération s’observe dans les usages industriels, domestiques et médicaux, sans distinction de continent ou de niveau de développement.
Certaines technologies prévues pour 2050 s’implantent dès aujourd’hui dans les laboratoires et les politiques publiques, tandis que d’autres, annoncées depuis vingt ans, peinent à trouver leur place. Les prévisions pour 2040 s’appuient sur les investissements massifs dans l’intelligence artificielle, la biotechnologie et l’énergie décarbonée, mais des incertitudes majeures demeurent sur la façon dont ces avancées modèleront les sociétés.
À quoi pourrait ressembler notre quotidien en 2040 ?
Difficile de tracer une frontière nette entre conjecture et réalité, tant les mutations s’accélèrent tout en réservant leur lot de surprises. Pourtant, quelques lignes de force émergent déjà pour la France, et elles ont de quoi étonner. Nos lieux de vie évolueront : espaces partagés en plein essor, gestion collective et intelligente de l’énergie, technologies embarquées dans chaque recoin du logement. La connectivité s’étendra bien au-delà des villes, bousculant jusqu’au tissu rural, et redistribuera les équilibres entre travail à distance, vie sociale et solidarité de voisinage.
Sur le front des déplacements, la transformation bat déjà son plein. Des véhicules sans conducteur sillonneront rues et routes, tandis que les transports en commun s’adapteront aux rythmes individuels. La notion de multimodalité s’imposera dans les usages quotidiens, orchestrée par des systèmes intelligents capables d’ajuster l’offre de mobilité quasiment en temps réel. Quelques grandes agglomérations testent déjà ces approches : navettes autonomes, réseaux partagés de vélos gérés par algorithmes, tout y passe.
Pour éclairer ces bouleversements, trois tendances lourdes se dessinent :
- Vers une gestion énergétique locale et coopérative : chaque foyer pourra produire, piloter et parfois redistribuer sa propre électricité grâce à des réseaux connectés.
- La santé quitte l’hôpital pour s’ancrer dans le quotidien : suivi numérique, analyse de la data, prévention intégrée et détection précoce deviendront monnaie courante.
- L’éducation sur-mesure pour tous : contenus adaptés à chaque profil, soutien personnalisé, apprentissage guidé par des assistants virtuels pour chaque étape de la vie.
À côté des mutations techniques, la société apprend aussi à se recomposer. Les familles se redessinent, les liens entre générations se renforcent, de nouvelles formes d’entraide prennent racine. La technologie accompagne, renouvelle, parfois magnifie ce besoin humain de partage. L’idée d’un grand bouleversement s’efface devant la continuité du changement, alimentée par un désir collectif de tester des modèles sociaux et solidaires inédits.
Les grandes innovations technologiques qui façonneront la société
La France urbaine, Paris en tête, se prépare déjà à basculer dans une nouvelle ère technologique. L’intelligence artificielle s’installe au cœur des infrastructures, influe sur les transports, orchestre la gestion énergétique. Fini l’optimisation de la circulation ou de la pollution en périphérie : les systèmes anticiperont, coordonneront, ajusteront chaque service à la population pour un fonctionnement plus fluide.
À Paris notamment, les projets pilotes foisonnent : plateformes citoyennes, quartiers connectés, bâtiments intelligents, autant d’initiatives destinées à être observées et copiées ailleurs. Ce sont en quelque sorte des laboratoires vivants, où la technologie se met au service de la vie quotidienne, expérimentant de nouveaux rapports entre habitants et administration.
Plusieurs innovations majeures devraient marquer la décennie :
- Installation massive de capteurs pour relier habitats, espaces publics et réseaux : la ville entière deviendra un grand organisme connecté.
- Automatisation du soutien aux personnes et des soins, avec des interfaces intuitives capables d’agir ou d’alerter à tout moment.
- L’intégration de la réalité augmentée dans l’école, la formation continue et la culture pour renouveler l’expérience d’apprentissage et de découverte.
L’essor de l’intelligence artificielle ne se limite plus à l’ajout d’objets connectés. Il infuse jusqu’à la démarche d’innovation elle-même. Collectivités et entreprises collaborent, croisent leurs données, mutualisent leurs expériences pour concevoir des solutions ciblées et pratiques. Ce mouvement collectif accélère la recherche de réponses locales aux enjeux concrets, sans jamais perdre de vue le quotidien des citoyens.
Quels défis et opportunités pour l’environnement, la santé et l’éducation ?
La période qui s’ouvre ressemble à une immense phase de tests face aux défis environnementaux, sanitaires, et éducatifs. Changement climatique, diminution des ressources, tensions sur l’habitat : ces urgences obligent à transformer nos modes de vie en profondeur. Les technologies apportent des leviers pour réduire l’empreinte carbone, optimiser la gestion de l’eau ou des sols, mais les réponses reposent aussi sur des arbitrages collectifs et politiques exigeants.
La santé se métamorphose via la donnée. L’analyse automatisée à grande échelle rend possible la personnalisation des soins, la détection préventive, la réaction instantanée aux nouvelles menaces. Médecins et patients se rencontrent différemment : consultations en ligne, alertes individualisées, accompagnement quotidien. On assiste à un basculement vers le préventif et l’adapté, là où l’ancien modèle misait tout sur la réparation.
L’éducation avance à vive allure. Nouveaux outils numériques, adaptation des programmes, réalité augmentée pour rendre les leçons plus vivantes : l’ensemble du système scolaire et universitaire mise sur une approche plus souple, des contenus personnalisés et le développement de compétences variées, des sciences aux compétences relationnelles ou créatives.
Voici quelques avancées concrètes observées dans ces trois domaines :
- Des villes qui parviennent à abaisser leurs émissions grâce à une gestion énergétique fine et connectée.
- Des plateformes numériques médicales accessibles à distance, qui facilitent la prise en charge individuelle et le suivi dans la durée.
- Une école capable de s’adapter au rythme et aux besoins de chaque apprenant, tout en valorisant des compétences multiples.
Imaginer ensemble les impacts humains et éthiques de ces transformations
Les bouleversements techniques qui s’annoncent d’ici 2040 imposent de revisiter en profondeur nos structures sociales. Entreprises, pouvoirs publics, citoyens devront faire face à de nouveaux points de tension. L’automatisation redistribue la hiérarchie, recompose les métiers et pousse à repenser la place de l’humain au travail. Seule une montée en compétences sur le plan relationnel, créatif, coopératif, et pas seulement technique, permettra à chacun de garder prise sur ce nouvel environnement.
Le rapport à la vie privée change de nature. Jamais la collecte des données personnelles n’a été aussi massive, suscitant inquiétudes et débats animés autour de la régulation. Le vrai défi consiste à maintenir l’équilibre : encourager l’innovation sans sacrifier la liberté, construire la confiance sans bloquer la créativité. Les cadres évoluent, mais les questions restent vives sur la protection et l’usage des informations individuelles.
Quant au tissu social, il se réinvente. Nouvelles solidarités, espaces de participation citoyenne en ligne, initiatives d’inclusion portées par le numérique : toute la société cherche à éviter la fracture, à valoriser la diversité et à multiplier les occasions d’échange constructif. Ces discussions éthiques ne concernent pas que quelques spécialistes, elles traversent tous les niveaux, du quartier à l’entreprise, de l’école à l’administration.
Ces trois grandes lignes s’imposent déjà dans les débats actuels :
- L’acquisition de compétences humaines renforcées, bien au-delà de la seule maîtrise des outils techniques.
- La mise en place de règles éthiques solides dans la conception et l’utilisation des technologies.
- L’adaptation constante du cadre juridique et social pour accompagner ces changements rapides.
Le destin ne s’imposerait jamais par avance, même à l’ère la plus connectée. Chacun a encore la possibilité de façonner cette trajectoire collective. Une main tendue, un choix citoyen, ou un projet audacieux peuvent suffire à redéfinir le visage du monde en 2040.


