Soigner les hallucinations liées à Parkinson : solutions et conseils efficaces

Un chiffre sec, qui claque : jusqu’à 40% des personnes atteintes de la maladie de Parkinson vivront des hallucinations visuelles au cours de leur parcours. On imagine parfois à tort que ce phénomène ne concerne que les troubles psychiatriques, mais la réalité est bien plus composite. Les hallucinations visuelles, bien loin de se limiter à l’univers de la psychiatrie, traversent tout un spectre de maladies et, parfois, émergent même sans pathologie sous-jacente. Ce que l’on voit sans qu’il n’existe, c’est là tout le paradoxe de ces visions qui débordent la simple imagination.

Qu’est-ce qu’une hallucination visuelle ?

Une hallucination visuelle se déclenche sans aucun stimulus extérieur. Autrement dit, l’œil envoie au cerveau un signal qui ne correspond à rien de tangible. L’individu observe une présence, une forme, une scène, alors qu’il n’y a rien. L’expérience est saisissante, souvent vécue avec une force troublante. Le cerveau fabrique de toutes pièces des images, qui surgissent sur la toile du réel.

Ce phénomène, loin d’être rare, touche des personnes souffrant de troubles psychiatriques, de maladies neurologiques, d’atteintes oculaires, mais il peut aussi concerner quelqu’un en parfaite santé après une période d’épuisement. Certains évoquent une lumière diffuse, d’autres distinguent nettement des silhouettes ou des scènes animées. Ces hallucinations peuvent durer quelques secondes, s’étirer sur des minutes, revenir par épisodes, ou s’installer sur de longues périodes. Le sommeil finit le plus souvent par les dissiper.

Il n’est pas rare que des hallucinations visuelles s’accompagnent d’autres sensations altérées : sons, contacts, odeurs… Le cerveau, en perte de repères, multiplie les signaux trompeurs.

Les différentes causes des hallucinations visuelles

De nombreuses situations peuvent déclencher ces visions erronées. Voici un aperçu des principaux déclencheurs identifiés par les spécialistes :

  • Maladies psychiatriques : Certaines pathologies mentales, comme la schizophrénie ou des troubles psychotiques, s’accompagnent souvent d’hallucinations. Elles constituent alors un signe d’appel majeur du trouble.
  • Troubles neurologiques : Des lésions cérébrales, des tumeurs ou des atteintes du système nerveux central peuvent provoquer des perceptions visuelles faussées, brouillant la frontière entre l’imaginaire et le réel.
  • Consommation d’alcool, de drogues ou de médicaments : Certaines substances, en particulier les psychostimulants et les hallucinogènes, modifient la perception visuelle. Même des médicaments prescrits, à forte dose ou en interaction, peuvent provoquer ces visions altérées.
  • Pathologies infectieuses : Des infections aiguës comme la pneumonie, le paludisme ou la bronchite, quand elles entraînent de la fièvre, peuvent déclencher des épisodes hallucinatoires qui disparaissent une fois la maladie traitée.
  • Maladies neurodégénératives : Des pathologies comme la maladie d’Alzheimer, la maladie de Creutzfeldt-Jakob ou la maladie de Parkinson s’accompagnent fréquemment d’hallucinations visuelles à mesure que le cerveau perd certains de ses repères.
  • Troubles ophtalmologiques : Quand la vision baisse, comme avec la dégénérescence maculaire liée à l’âge ou le syndrome de Charles Bonnet, le cerveau comble le vide visuel par des images inventées. D’autres affections comme la cataracte ou le glaucome peuvent aussi déclencher ce phénomène.
  • Maladies du sommeil : La narcolepsie, l’insomnie sévère ou une privation de sommeil prolongée augmentent le risque d’hallucinations, y compris visuelles.
  • Migraine avec aura visuelle : Certaines migraines s’annoncent par des phénomènes lumineux, des formes ou des lignes qui traversent le champ de vision, signes avant-coureurs de la crise.

Reconnaître les symptômes des hallucinations visuelles

Les hallucinations visuelles s’imposent à la personne, sans qu’elle puisse les maîtriser. Ce surgissement brutal peut entraîner de l’inquiétude, de la peur ou un sentiment d’angoisse. L’individu, persuadé de la réalité de ce qu’il voit, peut être déstabilisé par le décalage entre son expérience et le discours de son entourage.

Dans leur forme la plus simple, ces visions se manifestent par des lumières floues, des taches colorées, des formes géométriques, des points lumineux ou des traits fugaces. Les migraines, par exemple, déclenchent parfois des éclairs ou des cercles lumineux dans le champ visuel.

Parfois, l’hallucination est plus riche : apparition de personnes animées, d’animaux ou d’objets qui semblent réels. Le syndrome de Charles Bonnet illustre bien ce phénomène, avec des scènes complexes surgissant chez des personnes âgées atteintes de troubles visuels. Certains voient des inconnus, d’autres des animaux, parfois des visages masqués ou grimés. Ces images, qui n’existent que dans le champ visuel du patient, peuvent générer une frayeur intense, notamment lorsqu’elles prennent un tour effrayant, comme c’est souvent le cas lors de troubles psychotiques.

Il arrive aussi que le cerveau ressorte des souvenirs visuels : paysages, scènes du passé, ou personnes effectuant des gestes familiers. Ce type d’hallucination accompagne parfois certaines tumeurs cérébrales.

Hallucinations visuelles : comment agir ?

La prise en charge des hallucinations visuelles dépend avant tout de leur cause. Lorsqu’elles sont liées à la consommation de substances, l’arrêt de celles-ci peut suffire à faire disparaître les symptômes. Mais dans de nombreux cas, un traitement médical ou psychothérapeutique s’impose.

Traitements médicamenteux

Le médecin oriente le traitement en fonction de la maladie identifiée. Il peut prescrire des médicaments adaptés à la schizophrénie, aux troubles ophtalmiques (comme la cataracte ou le glaucome) ou aux maladies neurodégénératives. En présence de troubles psychiatriques, des antipsychotiques sont souvent utilisés, tandis que des anxiolytiques peuvent aider à apaiser la peur et l’angoisse qui accompagnent ces visions.

Psychothérapie

La psychothérapie apporte un appui précieux, notamment pour apprendre à différencier le réel du fictif et à reprendre le contrôle sur ses perceptions. Selon le contexte, différentes approches peuvent être proposées, comme la thérapie cognitivo-comportementale ou une orientation plus analytique. L’objectif : aider la personne à retrouver ses repères, à apprivoiser ses émotions face aux hallucinations, et à réduire leur impact sur son quotidien.

Face à ces images qui surgissent sans prévenir, la clé reste d’oser en parler et de s’appuyer sur des professionnels aguerris. Derrière chaque hallucination, il y a une histoire, un contexte, un appel à comprendre ce qui, dans le cerveau ou le corps, a déraillé. Reste à ouvrir le dialogue, pour que les visions cessent de hanter l’ombre et retrouvent leur place : celle d’un signal, jamais d’une fatalité.

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