Les personnes âgées : des tendances encourageantes

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La contribution des personnes
de 65 ans et plus au financement des dépenses
publiques est de plus en plus forte, la hausse de la dépense sociale par
personne est modeste depuis 1991, les conditions de vie des aînés
s'améliorent
sous plusieurs aspects, certains groupes demeureront vulnérables et il
faut
s'attendre à des changements dans les caractéristiques sociodémographiques
de
la population âgée. Ces résultats proviennent de l'étude
Vie des générations
et personnes âgées : aujourd'hui et demain, volume 2.
Une contribution de plus en plus
forte des personnes âgées au financement
des dépenses publiques
En 2004, les recettes des administrations
publiques représentent 42 % du
produit intérieur brut (PIB) du Québec et les personnes âgées
en financent
environ 12 %. La contribution moyenne d'une personne de 65 ans et plus au
financement des dépenses publiques, comparativement à celle d'une
personne de
20 à 64 ans, est passée de 50 % en 1981 à 61 % en 2004.
Compte tenu du vieillissement démographique, une part de plus en plus
importante des revenus de l'État dépendra du revenu des aînés.
Ainsi, à profil
constant selon l'âge, celles-ci assureront plus de 20 % des recettes de
l'État
dans environ un quart de siècle. Pour financer l'écart entre l'ensemble
des
dépenses et des recettes engendré par l'effet des seuls changements
démographiques au cours des cinq prochaines décennies (hors le
régime de
rentes du Québec), une hausse additionnelle de 0,29 % par année
des recettes
des administrations publiques est nécessaire (en dollars constants).
Hausse modeste de la dépense
sociale par personne depuis 1991
En 2003, chaque grand groupe démographique
reçoit une part importante des
dépenses sociales : 29,2 % pour les jeunes, 36,6 % pour les adultes d'âge
actif et 34,2 % pour les personnes âgées. Toutefois, comme l'effectif
de
chaque groupe est très différent, leur dépense moyenne
varie beaucoup. La
dépense en faveur d'une personne âgée atteint 2,0 fois en
moyenne celle qui
revient à un jeune et 4,4 fois celle dont bénéficie l'adulte
d'âge actif.
La dépense sociale par personne a augmenté de 9,2 % depuis 1991,
par
rapport à 452 % entre 1961 et 1991. Une autre caractéristique
de la période
1991-2003 est la variation bien différente entre groupes d'âge
: la dépense
moyenne augmente pour une personne âgée (12,6 %) et un peu plus
pour un jeune
(16,4 %), mais diminue chez une personne de 20 à 64 ans (- 4,9 %).
Que ce soit pour les familles, les travailleurs, les défavorisés,
les
aînés, ce qui est en place aujourd'hui ne ressemble en rien à
ce qui existait
au milieu du XXe siècle. Les personnes âgées actuelles ont
connu, à diverses
étapes de leur parcours de vie, l'amélioration des programmes
sociaux. De leur
côté, les nouvelles générations profitent dès
leur naissance d'un système
parvenu à maturité.
Plusieurs tendances socioéconomiques
favorables aux conditions de vie des
personnes âgées
Certaines tendances favoriseront
l'autonomie résidentielle des aînés de
demain. Ainsi, la proportion de ménages âgés qui sont propriétaires
de leur
résidence devrait augmenter. En effet, 68,5 % des ménages ayant
un soutien de
55 à 64 ans sont propriétaires en 2001, soit une amélioration
de 3 points par
rapport aux générations précédentes au même
âge. Deux autres conditions vont
favoriser leur autonomie : de plus en plus d'hommes et de femmes âgés
sont
titulaires d'un permis de conduire et possèdent une automobile.
Le patrimoine moyen a presque doublé pour les unités familiales
dont le
soutien a de 50 à 59 ans entre 1984 et 1999. La hausse de la proportion
de
propriétaires est de nature à augmenter l'avoir non financier
des ménages, car
la résidence principale en constitue l'élément le plus
important (26 % de
l'avoir total).
Les travailleurs âgés seront mieux formés et comprendront
une proportion
de plus en plus grande de femmes. Chez les hommes de 55 à 59 ans, la
probabilité d'être encore au travail à 60-64 ans s'est accrue
de 55 % à 61 %
entre les périodes 1992-1997 et 1997-2002. De leur côté,
les femmes dans la
cinquantaine ont fortement participé au marché du travail : elles
bénéficieront à leur retraite de plus de revenus de sources
autonomes.
Des groupes vulnérables
Une proportion élevée
de ménages locataires doivent assumer un fardeau
plutôt lourd de dépenses liées au logement : 42 % de ces
ménages ayant un
soutien de 65 à 74 ans y allouent 30 % et plus de leur revenu. La proportion
est la même chez les ménages locataires ayant un soutien de 55
à 64 ans :
cette situation n'est certes pas favorable à la préparation financière
du
troisième âge.
L'étude a ciblé plusieurs groupes socioéconomiques vulnérables
chez les
premiers boomers (générations 1946-1955) quant à la préparation
financière du
troisième âge : par exemple, les immigrants et les personnes faiblement
scolarisées. On estime qu'environ 5 % des premiers boomers, soit environ
60 000 personnes, présentent un risque sérieux d'insécurité
financière à la
retraite.
Chez les unités familiales dont le soutien a 65 ans et plus, 37 % n'ont
aucun avoir de retraite privé. La situation est un peu meilleure chez
les
unités dont le soutien est âgé de 55 à 64 ans (27
%). Ces unités, qui gagnent
généralement un faible revenu d'emploi, forment un groupe vulnérable
quant à
la sécurité financière au troisième âge.
Des caractéristiques sociodémographiques
nouvelles
Toutes les régions du Québec
connaîtront une augmentation marquée de la
proportion des personnes de 65 ans et plus. Certaines devront composer avec
des populations comptant plus de 30 % d'aînés en 2026, comparativement
à 24 %
dans l'ensemble du Québec. Ce vieillissement est largement inscrit dans
la
structure par âge actuelle des populations régionales, dominée
par les
cohortes nombreuses du baby-boom dont les premières sont maintenant à
l'orée
du troisième âge. Selon la région, les mouvements migratoires
viendront
amplifier ou atténuer le phénomène.
Il faut s'attendre à des changements chez les immigrants qui auront
65 ans et plus (personnes ayant obtenu le statut d'immigrant canadien à
un
moment ou l'autre de leur vie). Concentrés à 68 % dans l'île
de Montréal, les
futurs immigrants âgés (ceux qui ont 45-64 ans en 2001) seront
d'origines plus
diversifiées, davantage issus des minorités visibles et connaîtront
le
français et l'anglais dans une plus forte proportion.
L'analyse par génération permet d'entrevoir, au cours des prochains
lustres, une vie en couple plus fréquente, une moins grande proportion
de
personnes sans enfants et un réseau de frères et soeurs encore
important. La
situation sera cependant tout autre pour les générations nées
dans la seconde
moitié du XXe siècle qui ont connu une chute importante de la
fécondité et de
profonds bouleversements de la vie matrimoniale.
L'étude, consultable sur le site Web de l'Institut, contient des «Faits
saillants», ainsi que la «Synthèse et conclusion»,
qui permettent d'en
connaître l'essentiel.
L'Institut de la statistique du
Québec produit et diffuse une information
statistique pertinente, fiable et actuelle sur l'évolution socioéconomique
du
Québec et de la société québécoise. Il constitue
le lieu privilégié de
production et de diffusion de l'information statistique officielle pour les
ministères et organismes du gouvernement, et il est responsable de toutes
les
enquêtes d'intérêt général.
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