Projections démographiques pour la France et ses régions : vieillissement de la population et stabilisation de la population active

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Après chaque campagne
de recensement, l’Insee réalise de nouvelles projections de population
et produit des projections dérivées : projections de population
à l’échelle des régions, projection de population
active, projection du nombre de ménages. Ce dossier d’Économie
et Statistique contient trois articles présentant les principaux résultats
de ces nouvelles projections, fondées sur les deux premières vagues
des enquêtes annuelles de recensement de 2004 et 2005.
Le dossier publié
dans Économie et Statistique en 2002, à la suite du recensement
de 1999, était titré « Perspectives démographiques
et marché du travail : une nouvelle donne » (Blanchet et Lerais,
2002). Le principal résultat de ces projections portait sur le retournement
progressif de la population active : le scénario démographique
central conduisait à une diminution de la population âgée
de moins de 60 ans, ce qui impliquait une diminution de la population active
dans la plupart des scénarios. Six ans plus tard, les projections de
population pour 2050 ont été fortement revues à la hausse.
Dans le scénario central, la population de la France métropolitaine
augmente continûment d’ici 2050 et atteint 70 millions de personnes.
Dans les précédentes projections, publiées en 2001, l’hypothèse
centrale aboutissait à 64 millions, soit 6 millions de moins, et la population
diminuait à partir de 2040. Le résultat principal des projections
précédentes est cependant confi rmé : le nombre de personnes
âgées de plus de 60 ans va considérablement augmenter. Les
nouvelles projections de population active tiennent compte de ce changement
et tablent maintenant sur une population active stable entre 2015 et 2050. De
même, les projections régionales sont revues à la hausse
: d’après le nouveau scénario central, la population en
2030 est plus importante que dans les projections précédentes
pour 19 régions sur 22, la hausse dépassant 9 % dans 8 régions
qui cumulent hausse de la fécondité et augmentation du solde migratoire.
Avant de décrire
plus précisément ces nouvelles projections, la présentation
de ce dossier est l’occasion de revenir brièvement sur le principe
des projections, leurs objectifs et les hypothèses qui les fondent.
À quoi servent
les projections ?
Les projections ne servent
pas à prévoir l’avenir, mais à s’y projeter.
Elles sont fondées sur des hypothèses concernant les comportements
futurs, dont on décrit les conséquences en termes de population.
Elles ne deviennent des prévisions que si l’on attribue une vraisemblance
aux hypothèses faites sur les comportements et leur évolution.
À partir d’un consensus minimum sur les hypothèses, les
résultats des projections servent de cadre général au débat
social. C’est particulièrement le cas en France où le vieillissement
de la population apparaît comme un phénomène inéluctable
dans les prochaines décennies, dont on cherche à mesurer –
pour les anticiper – les conséquences en termes de population active,
d’équilibres des systèmes de retraite, de gestion des systèmes
d’aides aux personnes âgées, de répartition spatiale
de la population, etc. Les projections peuvent conduire à modifi er les
comportements futurs, devenant ainsi des prévisions « autodestructrices
» si on cherche à échapper aux conséquences qu’elles
annoncent. Des prévisions peuvent, à l’inverse, être
autoréalisatrices, si elles entraînent un effet de suivi, comme
dans les phénomènes de prévision boursière. On trouvera
une introduction à ces questions, ainsi qu’une discussion des notions
de projection, de prévision scientifique et de manipulation dans This
(1996).
Pour lire le document
complet de l'Insee, cliquez-ici
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