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Eric Donfu "
Comment chasser un « effet Pinocchio »de l’ostéoporose sur la vie des femmes, après 40 ans? "
Document sans titre
50 ans, la belle affaire !
Le 21e congrès français de rhumatologie, qui se tient à Paris
(CNIT) jusqu’au 17 décembre 2008, en est la démonstration.
L’ostéoporose menace quatre femmes sur dix après 50 ans, pour
un homme sur huit. Un vrai phénomène « Pinocchio »
car, pour prendre une métaphore, le squelette se fragilise, un peu comme
s’il devenait en bois, et même en verre. Mais l'ostéoporose
post-ménopausique, présentée comme un véritable problème
de santé publique est aussi un marché considérable, dont
la croissance suit la courbe démographique. Deux cent millions de femmes
en seraient victimes dans le monde. Et elle concernerait 2,8 millions de femmes
en France, dont 600 000 seulement seraient diagnostiquées . Le sociologue
Eric Donfu, auteur, spécialiste des femmes et du vieillissement, fait le
point.
Comment, donc, ne pas se
gâcher la vie avec cet effet Pinocchio – un corps en pleine forme
et pourtant fragilisé - et décrypter les discours des laboratoires
et des professionnels ? Car, pour rester dans la métaphore, il se
pourrait que le nez de certains s’allonge face aux chiffres catastrophes
annoncés qui ne correspondent pas au vécu d’une grande majorité
de femmes. Et, comme dans le conte, peut-être aussi que les oreilles de
nombreux patients pourraient pousser comme des oreilles d’âne tant
le problème est parfois négligé. Il était une fois,
non pas un morceau de bois, mais un squelette qui se transformait en verre….Qu’est-ce
donc que cette ostéoporose ? C’est une maladie récemment
identifiée qui désigne une fragilisation progressive du tissu
osseux susceptible d’entrainer des fractures. Elle vient de faire une
entrée remarquée sur le marché médical, au point
d’être, en quelques années, presque aussi citée que
les rhumatismes inflammatoires ,la polyarthrite rhumatoïde ou l’arthrose,
plus douloureux et identifiés, et qui n’ont aucun lien direct avec
l’ostéoporose. Il s’agit d’un mal silencieux mais qui
frappe bel et bien. On recense ainsi chaque année plus de 130 000 fractures
ostéoporotiques, dont 50 000 fractures de l'extrémité supérieure
du fémur de 40 000 à 70 000 fractures vertébrales et de
35 000 fractures du poignet. De plus, certaines de ces fractures sont souvent
fatales au grand-âge (lire après), et les campagnes pour la prévention
des chutes et des accidents domestiques chez les personnes âgées
ne sont qu’une partie de la réponse.
Mais l’ostéoporose ne doit pas être considérée
comme une fatalité. Des chercheurs viennent de faire des progrès
notables dans la recherche pour le traitement de cette maladie, vraiment reconnue
comme telle il y a moins de trente ans. Alors que l’autonomie, le dynamisme
et la jeunesse des femmes sont plébiscitées, et qu’ on ne
doit plus leur opposer la figure fragile et bossue de l’ostéoporose,
cette maladie des os fragiles susceptible, rappelons le, de frapper quatre femmes
sur dix après cinquante ans.
Une question de
santé publique, non une alarme.
La définition de
la santé, selon l’OMS est l’équilibre entre un bien
être physique, psychique et social. Etre bien dans sa peau, bien dans
sa tête, bien avec les autres. C’est justement un état que
l’on peut atteindre à la maturité. D’ailleurs, sur
le plan social, les femmes de plus de 50 ans étonnent par leur jeunesse
et leur vitalité. A l’image d’égéries comme
Sharon Stone, elles assument même de mieux en mieux leur physique, ont
une vie sportive et sexuelle accomplie. Dans ce contexte, il est légitime
de se demander si des campagnes lancées pour la prévention de
l’ostéoporose sont bien dans le ton… Sans pour autant les
fragiliser sur le plan du moral, est-il normal de cibler ainsi une classe d’âge
en la matraquant avec des chiffres alarmants ? Oui, ce risque et cette
affection ne peuvent être niés, mais chaque personne est un diagnostic
et un cas particulier. D’autre part, les médicaments ont fait des
progrès, tout comme l’esprit critique. Car cette fragilité
désormais révélée et liée à l’âge
ne peut même pas faire en sorte que l’on accepte mieux son âge…
Oui, ce cauchemar peut et doit être évité.
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